Je suis las de tout sentiments qui pourraient me rendre heureuse. Perdu dans mes pensées trop fortes et trop émouvantes pour une petite personne comme moi. Lui avec qui je passait mes journées,avec qui je partageais tout ... lui que j'ai aimé. Assise sur le trottoire, les pieds dans une flaque d'eau, ou dans la pisse de chien,avec l'odeur qu'elle dégage, les coudes sur les genoux, le menton posé sur mes avant bras, mes yeux coulent. Ils coulent de haine, de pitié, de malheur, de peur, de honte ... La dernière phrase qu'il a prononcé défile encore et toujours dans ma tête.
"Lache moi" Pleurais-je
Mon esprit ne réagit que maintenant, je me débat alors que tout est fini, alors qu'il ma violé, alors que ... je n'ai rien dit. Je me lève, essayant d'echapper à ce lieu, cet enfer, ce mur, sur lequel sera gravé à jamais "Je Vous hais". Je le hais, lui qui soit disant m'aimait, et je hais celui qui soit disant m'aiderait. Mik, Florian, deux prénoms que je veux oublier. C'est contre la mort que j'écris, comme on écrit sur un mur. Je marche, fuis ce lieu dans lequel je voulais laisser ces deux êtres et ne plus jamais en entendre parler. Mais c'est impossible
"Partez , Pitié" Suppliais-je
Mais rien à faire. Je cours, à en perdre le souffle, mes cheveux volent, mes joues sont rouges, je n'arrive plus à respirer.Je bouscule deux ou trois piétons au passage. Je ne m'excuse pas, pourquoi le ferais-je ?! Arrivée dans un parc, je m'allonge sur l'herbe humide et respire comme si ma vie en dépendait parce que c'était le cas.
" VOUS M'AVEZ TUÈ!" Hurlais-je
Tout le monde me regarde, mais moi je reste couchée sur le dos et respire cette air poluée et morte. Il faut que je change, il faut que je parte ... Il faut oublier cette vie et recommencer, clean ... arrêter de fumer, de me droguer. Devenir la femme que ma mère a été ... et arrêter de rêver aussi. Je sais que je n'en suis pas capable et toute ma vie sera vouée à me faire baiser et à fermer ma gueule. Pourtant, j'y ai pensé, et ça déjà, c'est le plus petit espoir que j'avais espéré.
"HALEY" Entendai-je venant de derrière moi.
Je n'ose pas me retourner mais la voix que j'entends me rassure.
"May, tu m'as fait peur" soufflai-je
- "Hey ... tu as encore pleuré ?! Ou étais tu cette nuit ?! J'étais morte d'inquiétude ... je ... Haley." soupira-t-elle
- "J'ai essayé de venir te voir ... mais c'était trop dur. Je sais que je vais te perdre et ..."
- "Comment tu le sais ?!" Retorqua-t-elle
- " Hier, en m'enfermant dans les toilettes, j'ai trouvé que c'était une réaction de gamine. J'ai voulu trouver du reconfort dans tes bras" Repris-je"Mais dans les vestiaires, la seule chose que j'ai trouvé ... c'est ton sac!" Dis-je en baissant la tête "Dans lequel il s'y trouvé, non pas les mouchoirs que je cherchaient, mais une lettre ..."
- "Ce n'est pas ce que tu crois Haley !" Se defenda-t-elle
- "Une lettre qui disait que tu allais quitter l'internat ... que tu étais adopté ... ENFIN" murmurais-je "Une lettre d'adieu, Une lettre de delivrance ... Sur le coup, je t'en ai voulu de vouloir m'abandonner, mais après, j'ai réfléchis que la vie te donnait une chance ... alors saisis là" Sanglotais-je
- "Je ne veux pas t'abandonner, je m'en fou de cette famille, je ..."
- "JE T'INTERDIS DE DIRE CA !" grondai-je "Tu vas y aller, m'oublier, et devenir une grande femme May! Tu m'entends?!" Calmant le ton.
- "Tu te rappelles ?! Cette promesse qu'on s'est faite ?! Ce soir, c'est la soirée pour le faire!" Dit-elle secretement.
A l'age de 7 ans, nous étions les deux filles à part de l'internat. Deux jeunes enfants qui pensait plus à se faire remarquer qu'à remarquer les gens. Mais nous étions semblables, et nous passions notre temps ensemble. A 1 heure de l'internat, un grand concours de skate à lieu, une fois par mois ... et c'était aujourd'hui. Elle m'attrape la main avec violence et me traine en courrant, je la suis, sans rien dire, et en rigolant en même temps que le vent carressait mon visage meurtri. Elle rigole et saute dans le bus avec moi à ses côtés.
"Ce soir, on va oublier ce qu'il se passe autour de nous, et on va vivre chaque seconde à fond." rigola-t-elle
Oui, chaque seconde ... à fond. Elle était sur-exitée. Arrivée à la fête, elle but tout de même beaucoup, mais je n'osais riposter; je savais qu'à partir du lendemain, elle n'aurait plus accès à tout cela...et c'est tout aussi bien. Elle me tenait par la main et m'entraina au milieu de la foule. Un concert se déroulait juste à côté et nous prenions parti à la fête. Nous sautions, rigolions ... vivions. Des gens, surment instalés au premier rang, se faufilèrent dans la foule pour quitter la fausse en se tenant la main, tentant de ne pas se perdre. J'apperçus le regard lumineux de May qui voulait dire qu'une idée lui traversait l'esprit. Une fois la longue corde d'humains arrivé à notre niveau, elle prit la main de la dernière femme, et commença à danser en levant l'autre main au ciel ...
" C'EST LA CHENILLE QUI REDEMAAAAAAARE. EN AVANT LES VOYAGEUUUUUUURS. LA CHENILLE PART TOUJOURS A L'HEUUUUUURE." Chanta-t-elle
Elle est folle, la femme se debarasse de sa main comme s'il s'agissait d'une bête sauvage. Et moi. Je ne peux m'empecher de rire au éclats. Elle me tape sur l'épaule et me montre un objet dans le ciel.
"Une étoile filante ?!" La questionnai-je
Elle se mit à rire et se tourna vers un enfant qui devait avoir à peine l'âge de parler. Je compris que cette mystérieuse étoile filante n'était en fait qu'un ballon qui avait échappé des mains de son propriétaire. May lança un "bien fait, y' fallait l'tenir mon p'tit!" avant que le jeune enfant se mis à pleurer de toute ces forces. J'observe ce ballon partir dans le ciel. Il s'éloigne de nous ... comme May et Moi allons nous séparer
"On crie le plus fort possible quand il explose ok ?!" Proposais-je en rigolant
Elle approuva du regard. Nous nous tenions par la main, et cet instant je ne l'oublierais jamais. Nos yeux s'illuminaient des étoiles présentes dans le ciel. Elle rigolait, puis aucun bruit n'était perçut de mes oreilles. Le temps s'était arrêté, et je vivais à la seconde. Je sais que je ne la reverrais jamais, et que ma vie ne sera qu'un depotoire, alors je m'imagine heureuse, avec elle, dans une famille soudée ... mais un cri me surprend, le ballon aurait-il éclaté ?! Non, tous sauf ça ... pitié, pas encore.
" AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH" Hurla-t-elle de toutes ses tripes.
- "Mais ?! le ballon n'a pas pété, je le vois encore!" Dis-je surprise.
- "Oupz" dit-elle en rigolant "Ca doit être moi alors" Ajouta-t-elle.
Je rigole une fois de plus. Avant de pouvoir reprendre mes esprits, la voilà en train de faire une tête bizarre ... et d'imiter le vélociraptore... Je ne veux pas la perdre. L'heure défile, et il est bientôt 6 heures du matin.
" Tes parents viennent te chercher dans une heure." Bafouillais-je
- "C'est pas mes parents, ce n'est même pas ma famille. Le seul lien que j'ai, c'est toi Haley." Me rassura-t-elle
- "Je prefère te dire au revoir ici" Dis-je en la serrant dans mes bras
- "Arrête salle conne tu vas me faire chialer!" dit-elle ému. "Je ne te dis pas Adieu ..."
- "Non, tu peux m'appeler Haley!" La coupais-je en rigolant
- "Tu vas me manquer Hay' ... " Pleura-t-elle
- "On se reverra quand tu seras devenu médecin" Lui dis-je en lui fesant signe de main
Elle part, face à moi. Marchant à l'envers. J'ai tellement envie de la serrer dans mes bras et de la proteger. Elle se retourne et est maintenant dos à moi. Ca y est ... Mon rêve est fini.Je dois oublier cette épisode de ma vie comme l'épisode d'une série dans lequel mon personnages préféré serait mort. Maintenant, j'entreprends le projet que j'avais mis en place ... je veux être independante, aujourd'hui, la pension n'a plus rien à faire avec moi ...
"BON ANNIVERSAIRE" Cria May au loin
Je lui envoie un baiser, elle l'attrape, avant de disparaître dans la foule. J'ai vu les larmes aux yeux ma vie partir, une dernière cigarette, au pays des lumières, amnésie suicidaire.Le ciel ne sera plus jamais aussi noir qu'il n'est aujourd'hui, comme un soleil ensorcelé.Tes yeux se perdent dans la nuit.Il parait que t'étais une princesse, moi je n'en ai jamais connu,juste des larmes et la détresse. Si un jour tu veux revenir, saches que mon coeur est ouvert et qu'il saigne à n'en plus comprendre. Je suis immobile das une foule rempli d'yeux qui m'observe et me scrutte comme si ça leur était essentiel. J'attrape mon sac de souvenir, du minimum vital...me voilà en route vers une autre vie.
"A moi la liberté" chucottai-je en rigolant.
Je me dirige vers l'arrêt d'autocar. Ma destination ? Je n'en ai pas pour le moment. Je glisse au gré du vent qui se heurte précipitament sur mon visage Heureux,libre. Mes jambes allant de l'avant sans retenu accompagné de mes pieds fuyant la solitude, prêt à affronter la...
"Merde" Dis-je en retirant mon pied de l'excrement.
- "Pas de chance" Dit un inconnu en rigolant
Je crois rêver ... mais mon pincement me procura plus une douleur qu'un reveil en sursaut. Je tourne la tête et continue ma route, comme si de rien n'était. M'asseyant au bord de l'arrêt de bus, j'allume mon MP3 et monte le son au maximum, je veux m'isoler de ce monde hostil. Le bus arrive, je grimpe avec assurance, me tourne en direction de la scène de concert et regarde le groupe qui se produit. Un choc vînt percuter mon coeur et me distrait.
"Votre tiquet" gronda le chauffeur
- "Euh oui ,le ... le voilà" Baffouillai-je
Je continue ma route ... allongée sur le siège, la musique dans les oreilles. Tu me forces à t'aimer ... Mais je dois t'oublier. Je ne pensais pas que ma vie aurait pu être pire que ce qu'elle n'était déjà. Je finis par m'endormir, la tête deposée sur la vitre. Je ne pense plus à rien, mais inconsciament, May, Mik et ... Flo restent encrés au fond de ma mémoire. Un bruit me surprend et me reveille. Je sursaute ...
" Excuse moi, je peux m'asseoir là ?!" questionna un inconnu
- "Oui allez-y" dis-je en ôtant mes affaires du siège voisin.
Le temps de mon sommeil, nous avions déjà traversé Lyon, en direction du Val d'Oise. Ce jeune garçon ne me tira pas de mes pensées. Aller à Paris, peut être que là, je trouverais un Job et repartirais à zero, je compte bien devenir saine. Je debarque sans attache, sans famille, sans boulot ... mais pourtant il faudra bien que je m'en sorte, coûte que coûte.
"Tu vas Où ?!" prononca le garçon en me sortant de mes rêveries.
- "Paris" Dis-je froidement
- "Ok." réponda-il géné
De quoi il se mêle ?! Il doit pensé que je suis mal-polie et insociable ... il n'aurait pas tord. Il est là, sur son siège, regardant droit devant lui, avec son sac sur les genoux. Il ne bouge pas, et ose encore moins me regarder après mes paroles pas très amicales.
"Et toi ?!" Me rattrapai-je
- "Paris également" Dit-il précipitament avec le sourire
Interessant ...
"Je ne connais pas du tout, tu pourras m'aider au début ?!" Lui lançai-je avec un timbre hypocrite
- "Oui oui ... oui oui" bafouilla-t-il sur-exité "Je ... j'ai reservé une chambre, j'ai un job dans un restaurant"
Sa devient de plus en plus un dialogue hypocrite. Mais sa me plait, autant mettre à ma disposition un logement et un job à mon arrivée.
"Moi je n'ai rien" prenant une mine abattue "Je suis perdue, et je ne sais pas ce que va donner le lendemain... sa serait tellement bien d'avoir un logement et un boulot." Dis-je avec une pointe de tristesse.
- "Mais si tu veux on ..."
OUI ?! Finis ta phrase vite. C'est comme si ma vie dépendait de la suite de ses paroles ...
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crazydream-x: Oui, May et Haley étaient orphelines. Mais vivaient en pension. Mais May, n'étant pas encore majeur, a été adoptée par une famille quelconque. Voilà, j'espère que j'ai repondu à ta question ;) Et j'ai eu peur quand t'as marqué "la fin est encore chiante" XD Merci beaucoup.